Schéma directeur APN
.jpg)
Vers un modèle de tourisme alpin durable : le Schéma des Activités de Pleine Nature (APN) des Aravis (2024-2027)

La Communauté de Communes des Vallées de Thônes (CCVT) a élaboré en 2023 son Schéma des Activités de Pleine Nature (APN) pour la période 2024-2027. Ce projet, fruit d'une large concertation effectuée auprès des professionnels du tourisme, des élus, des acteurs agricoles et forestiers ainsi que des associations de protection de la biodiversité via des enquêtes numériques, des entretiens individuels et des ateliers participatifs, vise à structurer et encadrer le développement des loisirs outdoor sur un territoire de 12 communes.
Un diagnostic entre richesse et fragilité
Les usagers et acteurs locaux perçoivent les Aravis comme un territoire de montagne exceptionnel, offrant des pratiques nombreuses, variées et facilement accessibles. Cependant, cette grande accessibilité, notamment due à la proximité d'Annecy, engendre des points faibles majeurs : la sur-fréquentation de certains sites et une saturation des axes routiers.
Les acteurs consultés expriment un consensus clair : l'enjeu prioritaire n'est plus le développement massif de nouvelles activités, mais la maîtrise et l'encadrement des pratiques existantes pour garantir la durabilité du massif.
Une ambition et quatre axes stratégiques
L'ambition centrale du schéma est de développer la valeur ajoutée des APN tout en les régulant pour faire des Aravis un modèle européen du tourisme alpin de demain. Pour y parvenir, le plan d'actions s'articule autour de quatre axes prioritaires :
Viser l’excellence pour la randonnée et le trail : Ces filières sont jugées structurantes. Les actions incluent la création d'une grande itinérance de rayonnement européen et l'identification de 10 « randonnées pépites » à haute valeur ajoutée, bénéficiant d'aménagements à un haut niveau de qualité.
Développer l’offre vélo : Le cyclisme sous toutes ses formes est une priorité. L'accent sera mis sur la création de nouveaux itinéraires VTT en bas de vallée et sur l'amélioration des connexions entre les villages et les sites de départ.
Garantir la durabilité via la gestion des flux : Cet axe prévoit des mesures proactives telles que l'expérimentation de navettes, la restriction temporaire d'accès à certains sites saturés et le déploiement d'outils d'information en temps réel sur la disponibilité des parkings.
Sensibilisation et cohabitation : La préservation du patrimoine naturel (qui couvre 95 % du territoire) et la conciliation des usages (agriculture, sylviculture, loisirs) sont au cœur des préoccupations. Le schéma prévoit de renforcer la sensibilisation des pratiquants via une charte des bonnes pratiques, une présence humaine accrue sur le terrain (médiateurs nature, « Brigades vertes ») et des aménagements de régulation comme des zones de mise en défens pour la faune.




À l'horizon 2030, l'objectif est que les usagers qualifient la destination de préservée, authentique et multi-saisons, offrant une expérience de haute qualité respectueuse de l'environnement montagnard.
Les Aravis dessinent le tourisme de demain : cap sur les « Randonnées Pépites »
La Communauté de Communes des Vallées de Thônes (CCVT) franchit une étape décisive dans sa stratégie de diversification touristique avec la validation de son Schéma des Activités de Pleine Nature (APN) 2024-2027. Ce projet ambitieux, intégré au programme « Espace Valléen », vise à transformer le massif en un modèle européen de tourisme alpin durable en privilégiant la qualité et la régulation plutôt que le développement de masse.
L’excellence au cœur des sentiers : le concept de « Rando Pépite »
Au centre de cette stratégie se trouve l'action 1.2 : l'identification de 10 itinéraires d’excellence à haute valeur ajoutée, surnommés les « randonnées pépites ». L'objectif est double : offrir une expérience « premium » aux visiteurs tout en canalisant les flux pour protéger les zones naturelles les plus fragiles.
Pour obtenir ce label d'excellence local, chaque itinéraire doit répondre à quatre critères stricts inspirés des standards européens Leading Quality Trails :
Des départs qualitatifs : Les points de départ doivent proposer des services essentiels tels que des parkings organisés, des sanitaires, des points d'eau et une signalétique d'accueil claire.
Une accessibilité pour tous : Le tracé doit être familial, avec une durée de marche de moins de 3 heures, un dénivelé n'excédant pas 500 mètres et une absence de difficultés techniques.
Une richesse visuelle et patrimoniale : Le randonneur doit rencontrer un point d'intérêt (panorama, curiosité géologique ou patrimoine culturel) au moins toutes les 30 minutes.
Une scénarisation travaillée : Le parcours est valorisé par une interprétation pédagogique, soit via des panneaux sur site, soit par l'application numérique « Lac Annecy Aravis Outdoor ».
Trois itinéraires phares pour la première phase
Parmi les neuf parcours déjà pré-identifiés, trois itinéraires emblématiques ont été sélectionnés pour une mise en œuvre immédiate :
Le Panorama du Danay (Saint-Jean-de-Sixt) : Un itinéraire de 3,1 km offrant une vue spectaculaire à 360° sur la chaîne des Aravis et la Tournette.
Le Refuge de la Pointe Percée (Le Grand-Bornand) : Un aller-retour de 6,7 km depuis le col des Annes, cœur pastoral du massif.
L'Aiguille Verte et le Lac de Lessy (Le Grand-Bornand) : Un parcours de 10 km combinant sommets et lacs d'altitude.

Un investissement pour la biodiversité et l'inclusion
Ce projet bénéficie d'un budget dédié de 1,52 million d'euros. Dont une première tranche estimée à 574 250,00 € pour les trois premiers itinéraires, avec un cofinancement de la Région et de l’Etat (voir paragraphe « Le cadre financier global : Le programme « Espace Valléen » ) .
Les travaux prévus incluent la consolidation de l'assise des sentiers, la sécurisation des passages critiques et le rebouchage des « sentes annexes » pour stopper l'érosion.
Au-delà de l'esthétique, il s'agit d'un enjeu écologique majeur : en maintenant les marcheurs sur des tracés balisés, la CCVT protège les habitats d'espèces sensibles comme le Tétras-lyre, le Bouquetin des Alpes ou le Sabot de Vénus. De plus, une attention particulière est portée à l'inclusion, avec l'adaptation de certains tracés pour les fauteuils roulants tout-terrain (Quadrix) en collaboration avec l'association LIVE.
.jpg)
Exemple d’aménagement de sentier avant/après :

Le cadre financier global : Le programme « Espace Valléen »
Le massif des Aravis bénéficie depuis 2015 du label « Espace Valléen », un dispositif de l’État et des Régions visant à soutenir la diversification touristique. Pour la période 2021-2027, la stratégie de la CCVT a été officiellement approuvée par un comité de financeurs incluant l'Europe, l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Département de la Haute-Savoie.
Les principaux contributeurs financiers
Les investissements pour le schéma APN, dont le budget total est estimé à environ 3,95 millions d'euros, sont portés principalement par trois entités :
À l'échelle européenne, le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) peut soutenir des projets structurants du territoire.
L’État intervient via le FNADT (Fonds National d'Aménagement et de Développement du Territoire), spécifiquement à travers la mesure CIMA Massif des Alpes. Ce fonds soutient les équipements et sites d'accueil liés aux activités touristiques hors ski alpin.
La Région est un partenaire majeur, finançant notamment l'aménagement de sites touristiques et les infrastructures de découverte via sa mesure « Diversifier l'offre touristique des territoires de montagne en toute saison ».
Le Département de la Haute-Savoie est un partenaire stratégique et financier important pour l'ensemble du programme Espace Valléen
La Communauté de Communes des Vallées de Thônes apporte l'ingénierie nécessaire au montagne des projets et assure également l'autofinancement des projets qu’elle porte.
Le plan de financement varie selon les phases et la nature des projets :
Élaboration du Schéma APN : La phase de construction a été financée à 60 % par l’État (21 456€) et à 20 % par la Région (7 152 €).
Projet « Randonnées Pépites » (tranche 2025) : Pour la valorisation de trois itinéraires, le plan de financement se décompose ainsi : 50 % par la Région (287 125 €) et 20 % par l’État (114 850 €).
